• 503 visits
  • 24 articles
  • 5 hearts
  • 20 comments

Descriptifs 10/12/2017


Mythologie
 
 
J'adore la mythologie grecque : du coup, je posterai de temps en temps des articles racontant des légendes ou des fiches concernant un dieu ou un héro... Attention : il s'agira uniquement de mythologie grecque avec peut-être, de temps à autres, une petite référence à la mythologie romaine (vu que les deux sont tout de même très proches).
 
Donc, dans les faits, je vais commencer par publier une série de 3 articles racontant la création du monde, de l'Homme et l'arrivée des dieux au pouvoir. Histoire que ceux qui n'y connaissent absolument rien puissent avoir les bases s'ils le souhaitent. Une fois ces trois articles publiés, je m'attaquerai aux légendes et aux fiches sans ordre particulier, juste selon mes préférences et mes envies du moment. A partir de ce moment-là, si vous avez une envie particulière (un héro dont vous aimeriez connaitre l'histoire, un dieu qui vous intrigue, un monstre, ...) n'hésitez pas à me le dire et je préparerai une fiche dessus. Je préparerai probablement aussi une fiche avec le vocabulaire et les expressions dérivées de la mythologie mais, vu qu'il y en a beaucoup, ça risque de prendre un peu de temps.
 
Enfin, je tiens à préciser qu'il existe évidemment plusieurs versions d'un même mythe ou d'une même légende (parfois je le préciserai dans l'article, parfois non). Donc, si ce que vous connaissez est différent de ce que je vous dis, ça ne veut pas forcément dire que vous avez raison et moi tort ou l'inverse : il est possible que nos deux versions existent. Si jamais ça arrive, je vous encourage à donner votre version de la légende dans les commentaires : c'est toujours intéressant et ça permettra aux lecteurs de choisir la version qu'ils préfèrent :)
 
Note : mes sources sont principalement des livres que j'ai lu et quelques sites internet. Si vous voulez les références, venez me les demander en pv et je vous les donnerai avec plaisir.
 
Articles en ligne :
 
Mythologie : les bases :

-Partie 1 : La création du monde et le règne des Titans
-Partie 2 : La création de l'Homme
-Partie 3 (fin) : La révolte des Géants et Typhon
 
Mythologie : Héraclès (Hercule) :
 
-Partie 1 : fiche

                                                                                                                                                                                    

Jeux d'enfants


Jeux d'enfants est une histoire fictive d'un genre policier que j'écris. Je ne sais pas encore la longueur qu'elle fera mais j'essayerai d'en poster un chapitre assez régulièrement.
 
ATTENTION AVERTISSEMENT : c'est une histoire policière, elle contient donc des meurtres et des scènes sanglantes voir même gores susceptibles de heurter la sensibilité voir même peut-être de choquer certains ou certaines. Par conséquent, c'est à vous de savoir à quel point vous êtes sensibles (dès qu'une de mes histoires contiendra ce genre de scène je le préciserai dans le descriptif).
 
Synopsis :

Un tueur en série particulièrement actif et sanglant sévit depuis un peu plus de trois mois dans une petite ville sous le nom de "Bloody Jack" ou "Jack le Sanglant". Aidé de Sandra Terwilliger, une profileuse, l'inspecteur Jean Karlu mène l'enquête. Qui se cache derrière ces meurtres ? Quelles sont ses motivations ? Pourquoi toutes ces mises en scène autour des corps des victimes et comment arrêter un tueur qui semble toujours penser avec un coup d'avance ? C'est à toutes ces questions que nos deux enquêteurs vont devoir répondre... Et le chemin qui mène à Jack le Sanglant est sombre et semé d'embuches et de sacrifices.
 
Chapitres en ligne :
 
-Chapitre un : Nuit sanglante
-Chapitre deux : Le rival
-Chapitre trois : Deux ?
-Chapitre quatre : Une aide inattendue
-Chapitre cinq : Un seul moyen

                                                                                                                                                                                    

Psychologie

La catégorie "psychologie" parlera, je vous le donne dans le mille, de psychologie ! Plus sérieusement, il s'agira de petits articles traitant de trucs tirés de mes cours.

En ligne :

-Le cas Gage
-La schizophrénie
                                                                                                                                        
Anecdotes historiques

La catégorie "anecdotes historiques" reprendra diverses anecdotes surprenantes, amusantes ou incroyables de l'Histoire.

En ligne :

-Le radeau de la Méduse
-Une superstition mortelle
                                                                                                                                       

Divers

La catégorie "divers" regroupe tout ce qui ne se retrouve dans aucune autre catégorie (en gros c'est un fourre-tout :p )
En ligne :

-Tempête
-Battements
-Le Temps
-Robin
-Espoir
-Polémiques autour des Enfoirés

                                                                                                                                                                                    

Quizz


Bon ben je pense que le titre parle de lui-même : ce sont des petits quizz sur à peu près tout ce qui me passe par la tête :p C'est bien évidemment moi qui crée chaque quizz donc si vous avez envie que j'en fasse un sur un sujet particulier n'hésitez pas à me le demander : je vous dirais si je m'y connais suffisamment pour en faire un ou non. Vous pouvez également m'envoyer des idées de questions si vous le désirez :) Voilà, s'il y a quelque chose de particulier sur un quizz, je le préciserais au-dessus de celui-ci. Amusez-vous bien et n'hésitez pas à me partager vos score ! :D
Quizz en ligne :

-Quizz culture générale 1
-Questions en vrac
-Quizz les stéréotypes 1
-Quizz : l'enseignement

Tags : Mytholgie Grecque - Mythes et Légendes - Textes - policier - GORE - Histoires/Scénarios - poemes - Poésies - Nouvelle - quizz - Questions/Réponses. - Vrai Ou Faux ? - Psychologie - Mythologie grecque - critique - Histoire vraie/Faits Réels (D/F) - Naufrage - histoire vraie - Histoire - Historique.

Une superstition mortelle 06/06/2018

Avant de nous lancer, petite mise au point : bien que je ne sois pas un grand fana des religions, j'estime que tout le monde à le droit de croire en ce qu'il veut tant que ça ne fait de mal à personne. Ce que j'essaye de dire c'est que, malgré le ton ironique que j'emploie par moment qui pourrait suggérer le contraire, cet article n'a absolument pas pour vocation de se moquer de la religion/des croyants ou de la/les critiquer.


Nous sommes en Europe en l'an 1233. À cette époque, la religion chrétienne est très importante, l'autorité du Pape est respectée par tous et presque tout le monde est croyant. Aussi, quand le Pape Grégoire IX, pour une raison dépassant ma compréhension, émet une ordonnance déclarant que les chats (surtout les noirs) étaient des suppôts de Satan, toute l'Europe le prend très au sérieux. Nos ancêtres avaient beau être des gens raisonnables, on ne prend aucun risque avec l'Enfer : ils se mettent donc à massacrer tous les chats qu'ils croisent, par précaution. D'ailleurs, ils sont tellement prudents que, au fil des années, la population de chats diminue à tel point qu'il n'en reste presque plus en Europe.
 
Mais, quand le chat n'est pas là, les souris dansent et nos ancêtres ne vont pas tarder à en faire les frais. En 1347, un bateau arrive d'Asie au port de Marseille avec, dans ses cales, plusieurs spécimens de rats asiatiques... Débarrassés de leur principal prédateur, ceux-ci se mirent à prospérer sans que rien ne puisse les arrêter : ils commencèrent même à remplacer les espèces locales ! Or, les rats asiatiques avaient apporté avec eux une passagère clandestine : la "Nosopsyllus fasciatus", la puce des animaux, ce qui n'aurait pas été si dramatique si ces puces n'avaient pas emmené avec elles une véritable bombe qui faisait déjà des ravages en Asie : la peste. Avec l'accroissement du nombre de rats, le nombre de puces portant la maladie augmenta rapidement. Bientôt, la Nosopsyllus transmit la bactérie à sa cousine, la "Pullex Irritans", la puce de l'Homme : l'une des pires épidémies que l'Europe ait jamais connue était lancée. Au final, cette dernière causera la mort de plus de 25 000 000 de personnes, soit entre un tiers et la moitié de la population occidentale !
 
Voilà pour les faits. Alors, évidemment, le massacre des chats en Europe est loin d'être la seule cause de la propagation de la peste, mais de nombreux scientifiques pensent que l'épidémie ne se serait pas propagée aussi rapidement et qu'elle n'aurait pas duré aussi longtemps s'il y avait eu plus de chats.
 
 
Quelques informations en plus pour les curieux :


-Pour ceux qui se posaient la question : oui, c'est de cette époque que date la superstition qui dit que les chats noirs portent malheur.
 
-Malheureusement, malgré l'épidémie, nos amis félins ne connurent aucun répit jusqu'au règne de Louis XV plusieurs siècles plus tard... En 1484, le Pape Innocent VIII ordonna même que les chats soient jugés pour sorcellerie lors d'un procès et brûler sur le même bucher que leurs maitresses accusées d'être des sorcières.
 
-Le terme "mettre en quarantaine" vient de l'époque de la peste : à Venise, la maladie se propageait particulièrement vite à cause des canaux. Afin de tenter d'endiguer l'épidémie, les marins qui arrivaient au port de la ville devaient rester sur leur bateau durant 40 jours, ainsi, si quelqu'un était atteint de la maladie à bord, les symptômes avaient le temps de se manifester et la maladie restait à bord du bateau.
 
-En 1920, il y eut plusieurs cas de pestes à Paris, mais la Grande épidémie de 1347 avait tellement traumatisé la population (cette épidémie de peste avait été particulièrement meurtrière et, surtout, elle avait été largement relatée par de nombreux chroniqueurs de l'époque) que le gouvernement français décida d'appeler la maladie "maladie n°9" pour éviter de créer la panique. Cette "mini-épidémie" contamina 94 personnes dont 34 décédèrent.

Tags : Peste - superstitions - Épidémie mortel - maladie

Le radeau de la Méduse 04/05/2018

L'histoire du radeau de la Méduse est une histoire vraie, tout ce que je m'apprête à vous raconter est donc réellement arrivé. Aussi, je tiens à vous prévenir : cette histoire est loin d'être joyeuse... elle est même plutôt glauque... Je trouve qu'elle est un assez bon exemple de ce dont est capable la bêtise humaine... Enfin, vous voilà avertis.
 
Donc, replongeons-nous dans le contexte de l'époque : nous sommes en 1816, pour les puissances européennes, c'est la course à la colonisation, que ce soit en Amérique ou en Afrique (enfin c'est plutôt la fin de la course à la colonisation). Pour nos amis Français, cette course ne s'est pas hyper bien passée : ils n'avaient déjà pas réussi à bien s'implanter sur le Nouveau Continent comme l'ont fait les Espagnols, les Portugais ou les Anglais, mais, en plus, ils ont fini par perdre pas mal de leurs colonies... Le roi Louis XVIII, qui dirige la France à cette époque, est donc très attaché à ses colonies africaines pour lesquelles il se bat chèrement contre les Anglais. Or, en cette année de 1816, pour diverses raisons, l'Angleterre rend la colonie du Sénégal à la France. Dès lors, celle-ci doit y renvoyer des colons, des soldats et un nouveau gouverneur afin d'en prendre possession. À cette fin, le roi fait affréter le bateau "la Méduse" qui quitte la France pour le Sénégal le 17 juin avec 245 passagers à son bord.
 
Bon, alors, le moins qu'on puisse dire, c'est que, dès le départ, ce bateau ne part pas gagnant. Pour commencer, Hugues Duroy de Chaumareys, le commandant de la Méduse, est un vieil officier de la marine qui n'a plus navigué depuis 25 ans et qui ne doit sa place à bord que parce qu'il est dans les petits papiers du roi. Ensuite, alors que le gouverneur, le commandant et leurs proches sont des aristocrates royalistes, la plupart des marins et des officiers sont de jeunes bonapartistes, c'est-à-dire que, comme Napoléon, ils sont contre l'aristocratie et royauté... Ces divergences politiques créent dès le départ des tensions à bord.
 
Je vous laisse donc imaginer l'ambiance qui règne après des jours et des jours en mer coincés sur le même bateau. Les relations entre le gros de l'équipage et son commandant sont si tendues et si mauvaises que, lorsqu'ils arrivent en face du seul véritable obstacle de tout le trajet, un banc de sable affleurant la surface à environ 160 kilomètres de la côte sénégalaise, les ordres du commandant sont mal transmis et/ou mal compris si bien qu'ils ne parviennent pas à l'éviter et s'échouent dessus.
 
Au départ, les passagers ne s'inquiètent pas vraiment : ils ont à boire, à manger, plusieurs canots et ils ne sont finalement pas si loin des côtes. Mais, très vite, la situation empire : ils constatent qu'il n'y a pas assez de canots pour accueillir tous les passagers... Le climat devient de plus en plus tendu et, pour tenter de calmer les esprits, le commandant et ses officiers décident de mettre leurs différents de côté et prennent les planches de la Méduse  pour construire un radeau de 20 mètres sur 7 (pour que vous puissiez visualiser la taille : un terrain de foot mesure 120 mètres de longueur sur 90 de large, le radeau est donc 6 fois plus petit en longueur et 13 fois plus petit en largeur).
 
Malheureusement, très vite, la trêve entre l'équipage et son commandant s'effondre : au moment de partir en mer, le gouverneur, le commandant et leurs amis et familles s'emparent des canots forçant les 157 autres passagers à s'entasser sur le radeau avec tous ce qu'ils ont pu sauver du bateau. Rapidement, ceux-ci se mettent à protester, d'autant plus que, le chargement étant trop lourd, le radeau s'enfonce et ils ont de l'eau jusqu'aux chevilles ! Histoire de les rassurer et de les calmer, Duroy de Chaumareys décide d'attacher les canots et le radeau ensemble, ainsi, ceux sur les canots sont plus confortablement installés mais doivent ramer pour tirer le radeau.
 
Le commandant regrettera vite sa décision : le radeau ralenti trop les canots à son goût. Il décide donc de laisser discrètement filer la corde qui les relie et, quand il estime qu'ils sont suffisamment loin pour éviter toutes représailles, il la coupe abandonnant le radeau à la dérive. Les canots et leurs occupants arriveront tranquillement à la côte du Sénégal 4 jours plus tard.
 
Sur le radeau de la Méduse, la tension monte : les soldats et les marins ne sont pas d'accord quant à ce qui serait le mieux pour les 157 naufragés (pour rappel : ce bateau était censé transporter des colons donc, outre les soldats et les marins, ce sont des familles entières avec femmes, vieillards et enfants qui sont coincés sur le radeau !). Les soldats sont désespérés : ils ont été abandonnés en pleine mer sur un radeau surpeuplé, à moitié coulé et sans moyen de se diriger par le gouverneur du Sénégal : il est inutile d'espérer des secours venant de la côte. Pour eux, il ne sert à rien de s'infliger des jours et des jours de souffrances, de famine et de sécheresse sous un soleil de plomb... Pour eux, la meilleure option consiste à couler le radeau afin que tous bénéficient d'une mort rapide et sans souffrance. Les marins, eux, affirment qu'il reste un espoir : ils sont sur une route maritime, c'est d'ailleurs pour ça que la Méduse avait prévu de passer par là. De plus, il leur reste quelques provisions qui leur permettront de tenir encore quelques jours. Quelques heures à peine après que le radeau ait été abandonné, la dispute dégénère et les deux camps commencent à se battre à coups de haches et de machettes ! Après une nuit entière de combats, les marins sont vainqueurs mais le radeau est jonché de cadavres.
 
À partir de ce moment-là, la situation ne va faire qu'empirer. Le deuxième jour ne se passe pas mieux que le premier : la seule boisson qu'ils avaient récupérée du bateau était du vin, mais, plutôt que de le rationner, les naufragés se saoulent avec, ce qui déclenche une nouvelle bagarre qui cause de nouveaux morts. Au soir du deuxième jour, sur les 157 naufragés qui étaient montés sur le radeau, ils ne sont plus que 75. Les jours suivants sont un véritable enfer : les survivants souffrent de la faim et de la soif. De plus, ils n'ont rien pour se protéger du soleil qui cogne dur (n'oublions pas qu'ils sont au large des côtes de l'Afrique !) et qui cause beaucoup d'insolations mortelles parmi eux... Au cinquième jour, la famine règne plus que jamais : après avoir mangé toutes leurs provisions, les cordes et une partie de leurs vêtements, les plus affamés s'enhardissent à manger les cadavres de leurs malheureux compagnons... Alors qu'ils ne sont plus que 40 survivants et que les cadavres commencent à manquer, les moins affaiblis se réunissent et se décident à tuer les plus faibles pour pouvoir les manger.
 
C'est alors que, au Sénégal, le commandant de Chaumareys, qui a tranquillement commencé sa nouvelle vie, sent sa conscience le chatouiller... Il ne s'inquiète pas pour les naufragés qu'il a abandonné, non non non, ce qui l'ennuie vraiment, c'est qu'il a laissé sur le radeau de la Méduse trois barils remplis de pièces d'or d'une valeur de 90 000 francs et qu'il aimerait bien les récupérer. Cela fait maintenant une bonne semaine qu'il a abandonné le radeau en pleine mer et, pour lui, tous ses occupants sont morts depuis longtemps. Il décide donc d'affréter le bateau appelé "l'Argus" pour retrouver ce trésor.
 
Pourtant, malgré ce que tout le monde pense et alors que le radeau dérive depuis maintenant 12 jours, 15 des 157 passagers initiaux ont réussis à survivre en mangeant les corps de leurs compagnons et en s'abritant du soleil du mieux qu'ils le pouvaient. Le treizième jour, le 17 juillet 1816 -pile un mois après leur départ de France-, ils aperçoivent une voile au loin ! Aussitôt, ils se mettent à crier, à appeler, ils accrochent les guenilles qui leur restent à des planches qu'ils agitent dans l'espoir d'attirer l'attention du bateau mais en vain : celui-ci ne les repère pas. Deux heures plus tard, Courtade, qui était canonnier sur la Méduse, revoit passer le bateau : c'est l'Argus toujours à la recherche des 90 000 francs. Cette fois-ci, ce dernier repère les naufragés et les sauve.
Une fois de retour sur la terre ferme, les 15 survivants raconteront leur histoire qui va faire le tour de l'Europe (si pas du monde). Face au scandale créé par l'attitude du commandant Hugues Duroy de Chaumareys, le roi n'eut d'autre choix que de faire passer celui-ci en cours martiale où, pour avoir causé la mort de 142 personnes dont, rappelons-le encore une fois, des familles entières avec enfants, il fut condamné à la peine dérisoire de 3 ans de prison militaire. Son fils, éc½uré par ses actes préféra se suicider plutôt que de vivre avec cette honte. Malgré tout, le commandant affirmera jusqu'à la fin de ses jours qu'il n'a jamais compris ce qu'on lui reprochait.
 
Ça, c'est pour l'histoire telle qu'elle s'est passée. Avant de la commenter, je tiens à rappeler que, même si j'emploie l'ironie par moment, cette histoire est une vraie tragédie, un drame atroce qui a fait souffrir 157 personnes et qui en a tué 142 ! C'est énorme !  Et le plus triste, c'est que cette catastrophe aurait certainement pu être évitée ou, du moins, ne pas être aussi grave... Déjà, je trouve invraisemblable de risquer autant de vies pour des raisons politiques, que ce soit le roi qui confie le navire à quelqu'un qui n'a plus approché la navigation depuis 25 ans ou le commandant et les marins qui se chamaillent au point de ne plus faire leur boulot convenablement. Ils savaient que ce banc de sable était là, des ordres avaient même été donnés pour l'éviter ! S'ils se sont échoués, je ne vais pas dire que c'est "uniquement" à cause de leurs disputes politiques, mais c'est tout de même en grande partie à cause d'elles... Et puis, la façon dont ils ont géré cette crise par après n'est pas mieux : bien loin de s'unir dans l'adversité, ils ont poursuivi leurs disputes. Ne parlons pas de l'attitude lamentable du commandant, du gouverneur et des gens sur les canots qui ont lâchement abandonné 157 personnes à la mort sans la moindre hésitation. Et oui, même si c'est le commandant qui a coupé la corde, je pointe aussi du doigt les autres passagers car aucun d'entre eux n'a rien fait pour aider les malheureux et, même une fois saufs sur terre, aucun d'entre eux n'a fait quoi que ce soit pour qu'on leur envoie des secours ! Puis, il y a l'attitude des soldats : je comprends tout à fait qu'ils aient sombrés dans le désespoir et qu'ils aient des envies de suicide mais qu'ils aillent jusqu'à se battre contre les marins pour tenter de saborder de force le radeau, ça va beaucoup trop loin. Qu'ils veuillent mourir pour s'éviter des souffrances et qu'ils conseillent à d'autres de les suivre est une chose, qu'ils entrainent de force les autres avec eux en est une autre (oui je ne me permets pas de juger leur décision de se suicider parce que je ne suis pas à leur place et que c'est très facile de juger quand on n'a pas vécu). Ensuite, vient l'attitude incompréhensible des survivants de la bagarre : ils se battent avec des armes pour survivre puis ils sifflent toutes leurs réserves de boissons se saoulant à mort par la même occasion... Encore une fois, je ne me permettrai pas de poser un jugement sur tout ce qu'il s'est passé après : l'instinct de survie a pris le dessus et qui sait comment nous aurions nous-mêmes réagi dans la même situation ? Donc voilà pourquoi je disais que je trouvais que cette histoire était un bon exemple de ce qu'est la bêtise humaine : tant de morts qui auraient pu être évitées...
 
Terminons cet article par une note artistique :
Le radeau de la Méduse
Le radeau de la Méduse

 
 
"Le radeau de la Méduse", la toile de 5 mètres sur 7 du peintre Théodore Géricault aujourd'hui visible à l'entrée du Louvres (la deuxième image est pour vous donner une idée des dimensions de la peinture). Ce que vous ignorez sans doute, ce sont les détails de la création de cette peinture. Déjà, Géricault mettra une année entière à terminer ce chef-d'½uvre. Ensuite, par souci de réalisme, le peintre a demandé aux survivants du drame de poser pour lui. Les visages que vous voyez sont donc ceux des véritables naufragés. Et enfin, le meilleur pour la fin : à nouveau par souci de réalisme, Géricault a fait venir de véritables cadavres dans son atelier afin qu'ils lui servent de modèles... Parfaitement, ce sont donc de véritables corps que vous pouvez admirer sur cette peinture. Comme quoi, si vous pensiez que mon histoire ne pouvait pas devenir plus glauque... D'ailleurs, on raconte qu'il entassait tous les corps dans son atelier qui empestait de plus en plus au fur et à mesure que la peinture avançait !

Tags : Radeau de la Méduse - Naufrage - Histoire vraie/Faits Réels (D/F) - histoire vraie

Polémiques autour des Enfoirés 23/04/2018

 
Depuis quelques années déjà, plusieurs polémiques s'accumulent autour de la troupe bien connue des Enfoirés (pour rappel : les Enfoirés sont un collectif de chanteurs principalement mais aussi d'humoristes, de mannequins et de sportifs créé initialement par l'humoriste Coluche afin de rassembler de l'argent pour les Resto du C½ur, une association caritative qui distribue bénévolement des repas aux personnes dans le besoin). De plus, de nombreuses personnalités qui ont quitté le groupe ou qui ont refusé de l'intégrer se sont exprimées dans les médias pour dénoncer, parfois assez violemment, certaines pratiques des Enfoirés.
 
Je vous propose de revenir avec vous sur les "principales" polémiques et sur les avis des différentes personnalités par rapport à celles-ci (j'essayerai d'en prendre le plus possibles mais, malheureusement, je ne crois pas que j'arriverai à rassembler toutes les célébrités qui se sont exprimées au sujet des Enfoirés). Je vais donc organiser la suite de cette façon : expliquer en quoi consiste la polémique, citer les avis des personnalités qui sont d'accord avec les critiques puis citer les avis de celles qui défendent la troupe. Je conclurai ensuite l'article par mon avis personnel.
 
1) "Les enfoirés utilisent le malheur de pauvres gens pour faire leur propre promotion"


La polémique :


Cette polémique est la principale et la plus connue. Cependant, elle a évolué ces dernières années : même s'il reste quelques irréductibles  comme Mimie Mathy (qui est très chatouilleuse sur le sujet) pour affirmer que le spectacle des Enfoirés est juste un système de générosité, il est plus ou moins communément admis que le spectacle, en plus de récolter des fonds pour les Restos, sert bel et bien aux artistes pour faire leur promo. Le débat porte maintenant plutôt sur le côté éthique de la chose : est-t-il moral d'aider une bonne cause pour se faire de la promo ou pas ?
 
Ce paragraphe s'adresse aux quelques irréductibles qui rêvent encore du système de générosité, je vais ici vous mettre les trois éléments principaux qui ont fait que la plupart des gens sont d'accord pour dire que les Enfoirés se servent du spectacle pour leur promotion. Premier élément : le scandale créé en 2010 par Garou qui est l'un des piliers de chaque spectacle. En effet, le chanteur était censé aller parler de la campagne des Enfoirés sur BFMTV dans l'émission "Le QG de l'info" de Thomas Sottot, mais la chaine a décidé de déprogrammer son interview après qu'il ait insisté pour que l'on consacre la moitié de cette dernière à son album. Le journaliste qui était chargé de l'interview a par la suite déclaré : "Avec une actualité sociale pas facile, comme la mort d'un SDF de froid, je me voyais mal après deux minutes de journal dire : "Et alors Garou, vous avez écrit une chanson sur votre rupture avec Lorie ?"". Deuxième élément : les propos de Christophe Mae qui avait expliqué à la presse que c'était sa maison de disque qui lui avait proposé de participer aux Enfoirés. Et enfin troisième élément : Jean-Louis Aubert l'a lui-même reconnu. Le chanteur, membre de la troupe depuis le début et proche de Coluche, a admis que les artistes n'étaient pas uniquement là pour aider l'association mais aussi pour faire leur promotion. Il affirme même que, au moment de créer les Restos, Coluche lui aurait dit que, en plus d'aider les gens qui sont dans le besoin, ça lui permettrait de se faire de la promo. Et Patrick Bruel également : "Mais bien entendu, personne n'oublie ce que ça lui apporte. Chaque artiste est très content de faire partie de cette belle opération qui est aussi une belle opération d'image, dans un spectacle de qualité...".
 
Ça les dérange :


Julien Doré : il est contre "cet étalage", comme il le dit lui même. Pour lui, ce n'est pas ça la charité. Il préfère donner de son côté, dans la discrétion. Selon lui, les Enfoirés manquent de sincérité, raison pour laquelle il a refusé de les rejoindre.
 
Maurane : son avis est mitigé. Elle a participé à 14 spectacles entre 1996 et 2013. Elle donne plusieurs raisons à son départ mais je ne vais parler que de celle qui nous intéresse ici (on la retrouvera plus tard pour une autre polémique). Maurane n'accuse pas tout les Enfoirés, elle ne s'en prend qu'à certains en disant : "Cela m'a toujours un peu débectée, les artistes qui viennent juste à la fin pour être filmés pour l'émission télé". Pour elle, cette polémique ne doit donc pas s'appliquer à tous.
 
Indochine : le cas d'Indochine est un cas un peu particulier... En réalité c'est plus une anecdote négative pour les Enfoirés que véritablement un coup de gueule poussé par le groupe. En effet, lors de leur spectacle de 2010, les Enfoirés ont repris la chanson "3ème sexe"  du groupe Indochine. Cette reprise par le collectif a considérablement augmenté les revenus générés par les droits d'auteur pour le groupe. L'ayant constaté, les membres de ce dernier ont naturellement décidé de contacter les Enfoirés pour leur proposer de leur reverser l'intégralité de leurs gains puisque c'est grâce à eux qu'ils les avaient gagnés. Malheureusement, malgré un certain nombre de coups de téléphone et plusieurs mails de la part de Nicola Sirkis (chanteur, auteur et compositeur actuel du groupe) et de leur maison de disque Sony, le groupe n'a jamais reçu aucune réponse à sa proposition. Au bout d'un moment, comprenant qu'on ne leur répondrait pas, les membres du groupe ont décidé de reverser ces fameux droits au Secours Populaire. Encore aujourd'hui (8 ans plus tard), on ignore la raison de ce "pas de réponse". Le groupe, quant à lui, s'est contenté de déclarer : "On trouve ça curieux. J'espère que les auteurs et compositeurs des autres chansons chantées par les Enfoirés en font autant que nous et reversent leurs droits". J'ai choisi de vous présenter cette anecdote ici car, si le groupe n'a pas critiqué le fait que les Enfoirés fassent leur promotion, cette histoire montre bien que cette promotion est bien présente et rapporte aux artistes... De plus, avec leur déclaration, on peut imaginer que les membres d'Indochine pensent que les artistes devraient reverser leurs gains. Je tiens enfin à préciser qu'aucune demande n'a été faite auprès du groupe pour obtenir le droit d'enregistrer 3e Sexe, ce qui est pourtant obligatoire et ce qui rend la réaction d'Indochine encore plus honorable.
 
Jean-Louis Murat : c'est un des plus virulents sur le sujet. Pour lui, le système des Enfoirés est un  "système dégoutant" et tous les artistes de la troupe sont des "monstres d'égoïsme". Ils ne sont pas sincères. Selon lui : "La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion".
 
Patrick Sébastien : lui aussi s'en prend assez durement à la troupe. Il dénonce tout d'abord le fait qu'on ne peut rien dire sur les Enfoirés sous prétexte qu'ils aident une association caritative. Puis, il affirme que si Coluche pouvait voir les Enfoirés de là où il est, il aurait sûrement très "mal aux couilles". Enfin, il se demande ce que les chanteurs foutent là "si ce n'est pour relancer leur carrière".
 
Booba : c'est le dernier et sans doute le plus violent à ce sujet : "Je trouve leur manière de faire hypocrite... Vu de l'extérieur, on dirait une chorale quasi sectaire qui se fait de la promo sur le malheur des autres". Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rajouter quelque chose à ça.
 
Ils trouvent ça acceptable :


Mimie Mathy : elle n'a pas vraiment sa place dans cette catégorie puisque, comme je l'ai dit plus haut, elle fait partie des irréductibles qui ne croient pas en ces accusations, mais je ne savais pas trop où la mettre d'autre. Donc, elle, elle s'insurge face à ces accusations, arguant que : "Non seulement nous ne percevons aucun salaire, mais nous payons nos repas et l'ensemble de nos frais, seuls le transport et l'hôtel étant pris en charge".
 
Stromae : lui, j'ai longuement hésité à le placer avec ceux que ça dérange... Je ne l'ai pas fait car, s'il explique bien qu'il a refusé de rejoindre la troupe parce qu'il se sentait mal à l'aise à l'idée de mêler son image à une association caritative car, même s'il se mettrait en avant pour une bonne cause, il en profiterait aussi de part les retombées médiatiques et ça le gênait, il ne critique pas ceux qui le font. Il ne dit pas que ce n'est pas bien, que c'est immorale, honteux ni quoi que ce soit. Il dit juste que, lui, personnellement, il a du mal avec ça. Il ajoute même que c'est peut-être dû à une certaine forme de pudeur... Mais, à aucun moment, il ne dit que ça le dérange que d'autres le fassent.
 
Eddy Mitchell : ce pionnier ayant participé au premier show en 1989 et ayant quitté définitivement la troupe en 1995 a fait des reproches aux Enfoirés mais pas celui-là (comme Maurane, nous le retrouveront plus tard). Pour lui, c'est quelque chose d'acceptable puisque ça permet de rapporter beaucoup d'argent à une bonne cause. Il a d'ailleurs déclaré : "J'ai dit que c'était une opération commerciale. C'est vrai, tant mieux : ça rapporte aux Restos du C½ur".
 
Michèle Laroque : présente depuis des années à quasi tous les spectacles des Enfoirés, elle déplore le fait que beaucoup de gens préfèrent pointer la troupe du doigt pour dénoncer le côté promotion de sa tournée annuelle plutôt que de voir que, à côté de ça, les artistes donnent de leur temps et travaillent énormément à ces spectacles qui permettent tout de même de nourrir des milliers de personnes dans le besoin : "On nous reproche souvent de le faire pour notre carrière, mais jamais on nous dit : 'Merci les gars. Vous êtes géniaux de faire ça'.Mine de rien, on consacre une semaine de notre vie à ce spectacle. Ca demande beaucoup d'efforts".
 
Jean-Louis Aubert : the last but not least : pour lui, non seulement c'est acceptable, mais en plus c'est une très bonne chose. Il déclare qu'il faut cesser de voir les Enfoirés comme un simple élan de générosité désintéressé parce que cette vision n'est qu'un doux mirage. Pour lui, dénoncer le fait que les artistes en profitent pour faire leur promo, c'est ridicule car c'est dénoncer une évidence : ça a toujours été comme ça. Et, selon lui, c'est une très bonne chose car ça permet de faire un "système qui fonctionne" et qui ne fait que des gagnants : les Restos du C½ur ont leur argent, TF1 a son taux d'audience, les artistes ont leur promo et les donateurs en ont pour leur argent avec le spectacle, le CD et le DVD. Tout le monde s'y retrouve, il n'y a, selon lui, rien d'immoral là dedans. Il ajoute même : "Arrêtez d'y voir un système de générositéOn ne fait pas l'aumône, c'est un impôt que les gens payent sans s'en rendre compte. Si vous préférez que les gens donnent 70 euros par an pour les pauvres, essayez de leur soutirer. Bonne chance à vous !".
 
2) "Hier y'a eu les Enfoirés. Ce spectacle étrange où des millionnaires demandent à des smicards de donner de l'argent pour des RMIstes."


La polémique :


Vous êtes sûrement très nombreux à déjà connaitre ce tweet qui a été largement relayé par les médias et qui a beaucoup amusé la Toile. En réalité, j'aurais presque pu rassembler cette polémique avec la précédente : c'est celle qui dénonce l'hypocrisie du spectacle des Enfoirés qui sont presque tous très riches mais qui demandent de l'argent à des gens ayant un salaire normal. Cette polémique est probablement née en 2007 (ou du moins elle a pris de l'ampleur à ce moment-là) quand, à Nantes pour leur spectacle, les Enfoirés ont été logés dans le luxueux palace de La Baule, l'hôtel Royal Thalasso, où le prix moyen avoisine les 200¤.
 
Ils le dénoncent :


Yannick Noah : lui a justement décidé de quitter la troupe après l'histoire de l'hôtel en 2007. Il avait refusé sa chambre dans ce palace et était parti loger dans un hôtel moins cher en ville en déclarant : "Je viens chanter bénévolement pour les Restos du C½ur, je ne vais tout de même pas en profiter pour me faire héberger dans un palace de milliardaires". Une petite précision cependant vis-à-vis de cet incident : Noah reviendra plus tard sur sa réaction en disant qu'il avait appris en fait que l'hôtel avait fait des "tarifs préférentiels" à la troupe. (Cependant, de nombreux internautes ont émis des doutes quant à la véracité de cette déclaration : ils soupçonnent Noah d'avoir dit ça pour ne pas porter préjudice aux Restos).
 
"Orelsan et Gringe : je les mets vraiment entre guillemets parce que je me base sur l'un des épisodes de la série "Bloqués" ce qui signifie que ça ne reflète pas forcément ce qu'ils pensent vraiment. Cependant, je pense que cette blague n'est pas non plus anodine, c'est pourquoi je voulais quand même le mettre ici. C'est tiré de l'épisode "Les contraires" :
Orelsan : Le contraire de la bouffe aux Restos du C½ur ?
Gringe : Le repas des Enfoirés après le concert.
Orelsan : Ah ben ouais."
 
Élina Dumont : la comédienne se montre très virulente sur le sujet et dénonce l'hypocrisie des membres de la troupe : "Quand vous voyez Gad Elmaleh qui fait une pub pour LCL ... Même Noah, ou Pagny, qui en a fait partie, qui dit qu'il faut aider les pauvres et va payer ses impôts ailleurs. Les Enfoirés sont bien des enfoirés !".
 
Ils ne sont pas d'accord :


Je n'ai malheureusement trouvé aucune personnalité pour contredire ou donner un avis positif pour les Enfoirés dans cette polémique.
 
3)"Le groupe devient trop nombreux, trop de nouvelles têtes et les spectacles deviennent n'importe quoi"


La polémique :


Ici, il s'agit plus d'une critique que de véritablement une polémique. C'est la critique qui dit que la troupe devient trop nombreuse, que les sketchs et les déguisements deviennent ridicules et pitoyables et que l'ambiance se détériore dans le groupe.
 
Ils sont d'accord :


Renaud : le chanteur a d'ailleurs quitté les Enfoirés pour ça. Il dénonce le côté "rendez-vous de tout le show-biz" qu'est devenue la troupe. Il dit qu'aujourd'hui l'émission ressemble à "un grand cirque carnavalesque". Selon lui, ça devient absurde : "Tout le show-biz participe aux Enfoirés : les comédiens, les top-modèles, les joueurs de foot... Moi, ça ne m'intéresse plus... On me propose à chaque fois des duos improbables. Je n'ai pas envie de chanter avec Mimie Mathy, Christophe Maé ou Patrick Timsit, ni de me déguiser en clown pour interpréter "La Mamma" d'Aznavour".
 
Pierre Palmade : lui, j'ai hésité à le mettre dans cette catégorie car il s'est d'abord plaint qu'il avait du mal à s'entendre avec certains nouveaux dans la troupe et que l'ambiance ne lui plaisait plus avant de faire machine arrière et d'affirmer qu'il avait été mal compris et qu'il referait les Enfoirés s'il en avait le temps et l'occasion. Donc, disons qu'il est mitigé.
 
Florent Pagny : il pointe du doigt le ridicule des costumes et mises en scène, tout comme l'ambiance qui règne au sein de la troupe. Il a d'ailleurs pas mal fait parler de lui en déclarant : "Je ne me sens pas indispensable. Est-ce que moi j'arriverais encore à jouer les guignols comme ils le font ? C'est la seule émission où tout le monde ferme sa gueule et accepte tout".
 
Maurane : voilà donc la seconde raison pour laquelle elle a quitté le collectif : "C'est pour la bonne cause, mais j'ai la nostalgie des duos, des trios. Maintenant, vous sautez dans trois costumes pour chanter une phrase, vous faites plus de figuration que de chanson".
 
Eddy Mitchell : si le côté commercial ne le dérange pas, le spectacle qu'il trouve ridicule le gêne un peu plus (c'est à cause de ça qu'il a quitté la troupe) : "C'est le spectacle que je n'aime pas, mélanger des chanteurs, des footballeurs ou je ne sais quoi avec des déguisements de patronage... sans moi. C'est de l'humour pitoyable".
 
"Orelsan : à nouveau entre guillemets car à nouveau tiré de la série "Bloqués", premier épisode : "Tu sais quoi j'achète toutes les places pour le spectacle des Enfoirés et j'y vais pas. Comme ça à la fois les Restos du C½ur ils ont l'argent et personne n'est obligé d'écouter leurs concerts. Ça fait deux bonnes actions"".
 
Johnny Halliday : même s'il a beaucoup apprécié les quatre concerts qu'il a fait pour les Restos du C½ur (les quatre premiers des Enfoirés d'ailleurs) car "c'étaient juste des chanteurs", le chanteur écrira dans sa   biographie : "Maintenant c'est la kermesse. C'est aussi devenu une émission de promotion. Et puis tout le monde veut y être, je ne me sens plus utile" avant d'ajouter dans une interview : "Je me sentirais mal à l'aise de chanter en duo avec un mannequin quelconque".
 
Ils ne sont pas d'accord :


Slimane : s'il a refusé de faire partie de la troupe justement à cause des déguisements et du côté divertissement du show, le jeune chanteur explique bien que c'est simplement parce que, personnellement, il n'a jamais aimé se déguiser et qu'il trouve qu'il ne correspond pas au spectacle. Il réaffirme cependant qu'il aurait adoré faire partie de la troupe et que la cause le touche beaucoup.
 
Keen'V : le chanteur a également refusé d'intégrer le collectif à cause des déguisements mais affirme que c'est une décision personnelle, que "c'est second degré, c'est marrant". Il ajoute même : "Mais je ne suis pas du tout contre, au contraire car la cause est magnifique. C'est quand même fait pour aider les gens. Quand on leur tape dessus, ça me fait un peu de peine. J'ai lu des trucs l'année dernière, c'était assez violent. Les gars il ne faut pas oublier qu'ils font ça pour une bonne cause".
 
Vianney : malgré le fait que les journalistes aient tenté de créer un scandale autour de lui après qu'il est dit "je dirai non. Leur dernière chanson était quand même pas top, mais visiblement elle a permis de réunir des sommes records. Je ne peux pas critiquer la finalité mais une cause ne justifie pas tout et n'importe quoi", il s'est par la suite expliqué : "Je ne leur reproche rien. J'ai dit que je n'étais pas à l'aise avec la part artistique de ce projet, que je ne m'y voyais pas bien. On a le droit de le dire sans méchanceté. Ce que j'ai fait. Et on a le droit, dans le même temps, de penser que la cause soutenue est merveilleuse et belle" avant de conclure : "La guerre entre les Enfoirés et moi n'aura pas lieu".
 
Orelsan : oui, encore lui ! Mais normalement c'est la dernière fois, rassurez-vous. Il a déclaré, cette fois-ci de manière officielle, qu'il respectait la cause mais qu'il ne voulait pas faire des sketchs à la TV, qu'il préférait "faire ses choses lui-même".
 
Maitre Gims : encore un qui a refusé l'invitation car il ne se sentait pas à l'aise avec la partie costumes et qu'il se sentirait hypocrite de se forcer à faire quelque chose qui ne lui ressemblait pas. Il assure cependant qu'il a un grand respect pour tous ces artistes qui le font. Plus récemment, il a déclaré : "Je pense différemment maintenant, c'est différent d'il y a deux ans. Peut-être".
 
Michèle Laroque : elle réaffirme tout d'abord que l'ambiance est toujours au beau fixe dans le groupe et que chaque année c'est une vraie fête pour tous les artistes participants avant de, ensuite, s'insurger contre ceux qui critiquent la qualité des spectacles de la troupe : "Sincèrement, ils ont droit de penser ce qu'ils veulent. Chacun a le droit de ne pas regarder si ça ne lui plaît pas, mais jamais je n'oserais critiquer d'une manière publique quelque chose sur des gens qui font autant de bien. Qu'ils fassent à leur idée des spectacles qui vont rapporter autant. Ce serait génial et je ne critiquerais jamais". Elle répond également à ceux qui critiquent le fait que la troupe ne compte plus uniquement des chanteurs : "Il a raison Eddy Mitchell de dire que c'est très galère, mais ils ont la gentillesse et la générosité de le faireLa seule chose qui compte c'est qu'on touche des gens. Chaque année, il y a plus d'audience. Ça veut dire qu'on n'est pas aussi nazes que ça".
 
Mimie Mathy : comme je l'ai déjà dit, elle est très susceptible quand on critique les Enfoirés. Pour répondre à ceux qui pointaient du doigt le ridicule des costumes, elle a déclaré : "J'en ai marre de tous ces gens aigris qui passent leur temps à dénigrer les autres. Oui, nous sommes déguisés, mais c'est pour la bonne cause. Pour donner à manger à ceux qui en ont besoin. Et quoi qu'on dise, nous sommes tous bénévoles".
 
Jean-Jacques Goldman : pilier des Enfoirés depuis leurs débuts, lui a justement décidé de quitter la troupe pour laisser la place à de nouvelles têtes. De plus, il a toujours soutenu à 100% les spectacles.
 
4) Jean-Marie Bigard


Ce dernier point avant mon avis personnel n'est pas une polémique mais il me semblait important. C'est simplement les raisons pour lesquels Bigard a quitté les Enfoirés : elles ne rentraient dans aucune des polémiques mais je voulais les souligner.
 
L'humoriste évoque deux raisons. La première était qu'il n'était plus absolument nécessaire qu'il reste : les Restos du C½ur marchaient suffisamment bien pour qu'il puisse les quitter sans porter préjudice à la cause. La seconde est qu'il estimait que les Enfoirés avaient "trahi" la mémoire de Coluche et ce principalement pour deux raisons :
 
-Le fait de garder l'argent qui n'est pas utilisé : alors que Coluche, lors de la seule année qu'il a faite avant de mourir, avait donné à l'abbé Pierre l'argent qui restait après avoir distribué un maximum de repas en disant "Il ne doit rien rester et tout l'argent qu'on a ramassé doit être resservi", les Enfoirés, eux, ont décidé de garder ce reste pour former ce que Bigard appelle une "petite caisse de ravitaillement secours" qui ne lui "plaisait pas tellement".
 
-La sélection des artistes qui veulent participer : "Et puis y a des gens qu'auraient bien voulu participer. ...Il y avait Carlos qui était très copain avec Coluche - mais lui, il ne devait pas avoir tellement la carte - “... Il vend des disques quand?”, avait-on demandé à l'époque. Ce à quoi j'avais envie de répondre: “ Et Karen Mulder, elle vend des disques quand?”". Par cette déclaration, Bigard accuse la direction de copinage.
 
Avis personnel


Pour ce qui est de mon avis personnel sur tout ça, je vais tenter d'être structuré avec des beaux paragraphes et tout et tout... Ce qui risque de ne pas être simple sachant que je suis quelqu'un d'assez chaotique.
 
Pour commencer, j'ai volontairement laissé de côté la polémique autour de la chanson "toute la vie" des Enfoirés car, pour moi, elle n'a pas vraiment lieu d'être : les Enfoirés ont besoin de toucher toutes les générations et de conserver un public le plus grand possible. De plus, comme nous venons de le voir, ils étaient/sont déjà dans la tourmente de plusieurs polémiques donc, encore une fois : pour moi, il est totalement inconcevable qu'ils aient volontairement écrit une chanson réactionnaire. On peut leur reprocher d'avoir écrit une chanson aux paroles maladroites, de s'être mal exprimés mais pas de s'être volontairement attaqués aux jeunes avec leur chanson.
 
Ensuite, je tiens à signaler que, pour réaliser cet article, j'ai eu beaucoup de mal à trouver des sources défendant les Enfoirés face à ces polémiques. Déjà parce que, à part Michèle Laroque et Mimie Mathy, très peu de membres de la troupe se sont exprimés sur ces polémiques (et quand je dis "très peu" c'est pour ne pas dire "aucun"), et, ensuite, parce que les médias préfèrent de très loin relayer ce que disent les détracteurs des Enfoirés que ce que disent leurs défenseurs. En effet, parler de Jean-Louis Murat qui les traite de "monstres d'égoïsme", de Booba qui les traite de "chorale quasi sectaire" ou encore de Patrick Sébastien qui parle des couilles de Coluche, pour un journal/magazine/émission/blog/..., c'est beaucoup plus rentable que de parler de quelqu'un qui défend la troupe, parce que c'est plus choquant, que ça alimente une polémique et que ça attire plus le regard des gens qui auront envie d'en savoir plus. Je peux vous donner plusieurs exemples : quand Vianney a expliqué pour la première fois pourquoi il dirait non si on lui proposait d'intégrer les Enfoirés, la sphère médiatique s'est emparée de ses déclarations en en faisant un gros scandale du style "Vianney s'en prend aux Enfoirés : 'Une cause ne justifie pas tout et n'importe quoi !'" alors que, lorsqu'il a été forcé de revenir sur ce qu'il avait dit, le chanteur a très clairement expliqué qu'il n'y avait absolument aucune polémique : il avait juste dit qu'il ne se retrouvait pas dans la part artistique du spectacle, c'est tout. Au départ, Stromae n'avait donné aucune explication à son refus d'intégrer les Enfoirés. Il a tout de même fini par se sentir obligé, "pour éviter le scandale" selon ses propres mots, de revenir là-dessus. Presque tous les médias ont relayé le coup de gueule de Yannick Noah en 2007, par contre, vraiment très très peu d'articles ont parlé du moment où il revenait sur ce coup de gueule en expliquant l'histoire des tarifs préférentiels. Un petit dernier pour la route : lors de mes recherches, je suis tombé sur un article de presse qui affirmait : "Florent Pagny avait lui aussi qualifié les Enfoirés de "guignols"". Curieux, j'ai donc recherché l'interview où il traitait les Enfoirés de guignols, voilà ce que j'ai trouvé (je cite la phrase exacte du chanteur) : "Est-ce que moi j'arriverais encore à jouer les guignols comme ils le font ?"... C'est de suite moins choquant/insultant n'est-ce pas ? Tout ça pour vous rappelez qu'il faut toujours être très prudent, très critique quand on fait des recherches et qu'il ne faut pas oublier que la personne qui a créé la source que vous êtes entrain de regarder, si elle l'a faite pour vous informer, elle l'a aussi faite pour vous attirer, pour vous donner envie de la consulter. Pour rappeler aussi que ce n'est pas parce que, par exemple, pour la deuxième polémique, je dis que je n'ai trouvé aucun défenseur des Enfoirés qu'il n'y en a pas : ils n'ont peut-être tout simplement pas été relayés par les médias.
 
Passons maintenant aux polémiques proprement dites, la première : les artistes qui font leur promotion avec le spectacle. J'ai un avis plutôt mitigé concernant cette polémique. Personnellement, je n'ai rien contre puisque, comme le souligne Jean-Louis Aubert, c'est un système qui marche très bien et qui satisfait tout le monde. Maintenant, est-ce moral ? Je dirai que ça dépend : si l'artiste est autant là pour la bonne cause que pour son image, oui, s'il est uniquement là pour son image, non.  Et tout le problème est là : pour connaitre les réelles motivations d'un artiste il faudrait soit être dans sa tête, soit vérifier son implication réelle dans les Restos du C½ur, soit le suivre en permanence pour savoir s'il fait autre chose pour soutenir une bonne cause que participer aux Enfoirés... ce qui nous est impossible. Il nous faut donc choisir entre la présomption d'innocence ou le "tous coupables". Je disais donc que, de manière générale, ça ne me dérangeait pas qu'ils fassent leur promo aux Enfoirés. C'est vrai mais j'ai tout de même quelques conditions. Premièrement : il faut qu'ils l'assument. Qu'ils arrêtent de prendre les gens pour des cons en tentant de leur faire croire qu'ils agissent uniquement par générosité, par bonté d'âme. La générosité c'est donner sans recevoir or là, effectivement ils donnent, ils donnent même beaucoup, mais ils reçoivent quelque chose en échange ! Par définition, ça ne peut donc pas être de la générosité et il est temps qu'ils l'assument et l'admettent comme l'a fait Jean-Louis Aubert. Tant qu'ils continueront d'affirmer que c'est un système de charité et de générosité, je suis désolé mais c'est tromper les spectateurs, les donateurs et tout ceux qui les soutiennent. Et ça ce n'est pas acceptable. Deuxièmement : il s'agit de l'assumer mais tout en gardant un sens des limites et un minimum de dignité. S'afficher devant les caméras avec les Restos ou faire une reprise d'une chanson d'un d'entre eux, ça passe parce que ça reste discret et que ça sert à la cause. Profiter d'une interview consacrée aux Restos pour faire la pub de son CD, c'est de l'abus et niveau moral bonjour. J'ai aussi lu une interview de Patrick Bruel dans laquelle, à un moment, il  disait : "Tous les artistes sont bénévoles, j'aime bien vous le répéter, et ça me ferait plaisir que vous l'écriviez bien, noir sur blanc : tout le monde est payé aux Restos du C½ur, sauf les artistes. Les techniciens, les cuisiniers évidemment sont payés, ils prennent un mois dans l'année pour nous. Mais jamais un artiste des Restos n'a reçu un centime. Jamais". Cette déclaration m'a un peu dérangée parce que, si c'est vrai qu'il est important de préciser que les artistes ne touchent pas d'argent pour leur participation aux Enfoirés, je trouve qu'il a une façon d'insister qui fait qu'on a l'impression d'avoir affaire un type comme ça : "Hé ! Hé! Regardez-moi tous : je suis bénévole ! Hé ! Tout le monde ! Je suis bénévole ! Vous avez vu ? Eux y touchent de l'argent et moi pas ! Parce que je suis bénévole !". Peut-être que je me trompe, mais, c'est comme ça que je le ressens et je trouve ça un peu pitoyable...
 
Quant à la "mésaventure" d'Indochine avec les Restos du C½ur, elle me laisse très perplexe... Le fait qu'ils aient complètement ignoré la très généreuse proposition du groupe et qu'ils aient laissé filer comme ça une telle somme d'argent m'interpelle vraiment. Je serais curieux de savoir ce que les Restos ont à dire là-dessus. En attendant, selon moi, ça reste vraiment un gros gros point négatif pour eux. Pour en finir avec cette anecdote, je vais reprendre la phrase de Vianney "Une cause ne justifie pas tout et n'importe quoi" (décidément je l'aime bien celle-là !). En effet, ce n'est pas parce qu'on sert une bonne cause qu'on peut se permettre de passer au dessus des lois et de pirater la chanson d'une personne ou d'un groupe en s'affranchissant de toute demande ! Lorsque l'on emprunte une chanson, la moindre des choses c'est d'avoir l'autorisation de ceux à qui elle appartient, surtout si on s'en sert pour soutenir un mouvement avec lequel ses propriétaires ne sont peut-être pas forcément d'accord et encore plus si on compte l'utiliser pour faire vendre des CD, DVD, places de spectacle ! Ils ont eut de la chance qu'Indochine a plus que bien réagi.
 
Deuxième polémique : celle concernant l'argent. Encore une fois, c'est une polémique difficile à trancher puisque nous n'avons aucun moyen de savoir si les artistes des Restos donnent de l'argent en plus à une association... Cependant, cette fois-ci, je dois dire que je suis plutôt d'accord avec les détracteurs des Enfoirés. Pour commencer, je trouve simplement honteux l'histoire de l'hôtel : se voir offrir une semaine dans un hôtel de luxe (oui oui : offrir puisque les artistes ne débourses pas un centime pour ce qui est de leur logement) alors qu'on est censé être bénévole pour lutter contre la pauvreté, il faut savoir rester cohérent. Quant à l'histoire des tarifs préférentiels, sans être particulièrement fan des théories du complot, je n'y crois absolument pas : pourquoi l'hôtel aurait accepté de perdre de l'argent pour accueillir des gens qui ont plus que largement les moyens de payer plein tarif et qui auraient tout à fait pu trouver un logement meilleur marché et plus proche des lieux des spectacles (ce qui aurait aussi réduit les frais de déplacements qui ne sont pas non plus pris en charge par les artistes) ? De plus, même si Noah à finalement fait machine arrière au niveau de son coup de gueule en invoquant ces fameux tarifs réduits, pourquoi a-t-il alors refusé de réintégrer les Enfoirés avant 2011, soit 4 ans plus tard ? Pour moi, c'est louche et incohérent. Ensuite, je suis parfaitement d'accord avec Elina Dumont : il faut être un peu cohérent entre ce qu'on dit et ce qu'on fait ! Tu ne peux pas d'un côté demander à des gens moins riches que toi de donner leur argent pour aider les gens dans le besoin et de l'autre planquer ta fortune pour éviter de payer des impôts qui sont justement en partie censées aider ces gens. C'est simplement une question d'honnêteté et de respect vis-à-vis de ceux qui t'écoutent et donnent.
 
Troisième polémique : la qualité des spectacles, le ridicule des costumes, l'humour pitoyable des sketchs etc etc... Au départ, j'étais 100% d'accord avec cette critique, maintenant c'est celle que j'aime le moins. Je m'explique : en fait, je suis totalement d'accord avec ceux qui soutiennent cette polémique ou presque : si le côté "mélange des différents genres de célébrités" ne me dérange pas, je trouve le spectacle d'une bêtise affligeante. Les costumes sont grotesques, l'humour est pitoyable (j'en suis même venu à me demander comment, en ayant des comédiens et des humoristes dans leur troupe, ils pouvaient valider de tels sketchs en se disant "ah ouais ça c'est trop drôle ça va faire marrer tout le monde !"), les scènes entre les chansons sont tellement ridicules que ça en devient dérangeant (je suis sûr que c'est déjà arrivé à tout le monde : on voit quelqu'un qui se ridiculise tellement qu'on se sent mal à l'aise, un peu comme quand quelqu'un lâche une blague et que personne ne rit)... Bref, j'étais un fervent supporter de cette critique... Jusqu'à ce que je réalise que, en réalité, cette polémique, c'était simplement une question de goûts ! Ma s½ur est une véritable fan des Enfoirés, elle ne manque aucun de leurs spectacles et achète chaque année leur DVD. Et bien, on peut regarder la même scène que moi je vais trouver archinulle alors qu'elle va dire qu'elle est super marrante ! Pourquoi aurais-je plus raison qu'elle ? C'est totalement subjectif : c'est juste une question de préférences personnelles. Et c'est là qu'on débouche sur un problème très répandu : l'immense majorité des gens ne font pas la différence entre un avis subjectif et un avis objectif. L'avis subjectif c'est les goûts et les couleurs, on ne sait pas forcément l'expliquer. En revanche, un avis objectif c'est un avis basé sur des critères et des faits concrets, qui ne peuvent pas être discutés, lui, on sait toujours l'expliquer. Par exemple, si je dis : "Gad Elmaleh c'est vraiment hypocrite de sa part d'aller aux Enfoirés alors qu'il tourne dans des pubs pour des banques", je donne un avis objectif : je me base sur un fait concret (Gad Elmaleh tourne dans des pubs pour des banques) pour faire une déduction (c'est hypocrite de sa part d'aller aux Enfoirés). Ça ne veut pas forcément dire que j'ai raison, mais mon avis est objectif. Par contre, si je dis "les costumes aux spectacles des Enfoirés sont vraiment ridicules", là je donne un avis subjectif : je me base sur un ressenti et tout le monde n'aura pas forcément le même, certains trouveront peut-être les costumes géniaux. Autre point : l'avis subjectif et l'avis objectif d'une même personne peuvent diverger. En clair, on a le droit de reconnaitre que quelque chose est bien fait mais ne pas l'aimer quand même tout comme on a le droit d'aimer une chose tout en reconnaissant qu'elle est très mal faite. Et ça, beaucoup de gens ont tendance à l'oublier. Du coup, ils prennent leur avis subjectif comme s'il s'agissait d'un avis objectif et on se retrouve avec ce genre de polémique. Plutôt que de prendre exemple sur des artistes comme Eddy Mitchell ou Florent Pagny (je parle uniquement par rapport à cette polémique) qui se contentent d'attaquer l'émission car elle n'est pas à leur goût, prenez plutôt exemple sur des artistes tels que Slimane, Vianney, Keen'V, Orelsan ou Maitre Gims (encore une fois, je parle uniquement par rapport à cette polémique) qui ont su faire la part des choses entre leurs goûts et la réalité. Car il faut bien l'admettre : si le spectacle explose presque chaque année son record d'audience et de dons récoltés, c'est qu'il y a chaque année beaucoup de gens qui continuent à l'apprécier.
 
Et pour finir : l'avis de Bigard. Je tenais beaucoup à parler de son avis parce que je suis assez d'accord avec les critiques qu'il fait aux Enfoirés. Concernant l'argent, j'arrive difficilement à imaginer qu'avec les milliers de personnes vivants sous le seuil de pauvreté il puisse y avoir "trop d'argent" (à bien mettre entre guillemets)... Cela dit, je ne sais absolument pas comment fonctionnent les rouages d'une association caritative comme les Restos du C½ur donc, admettons. Je ne comprends tout de même pas vraiment à quoi est destinée cette "caisse de ravitaillement secours"... Au cas où tous les artistes participants au show se retrouveraient fauchés du jour au lendemain ? Honnêtement, j'ai un peu du mal avec ça surtout qu'ils ne se privent pas d'affirmer que "chaque centime récolté sera reversé pour aider ceux qui ont faim"... ça montre un certain manque de transparence de leur part qu'il faudrait qu'ils arrangent. Et concernant la sélection des candidats... En fait, je trouve qu'ils devraient arrêter d'envoyer des invitations privées pour les rejoindre : ça c'était nécessaire quand ils étaient peu nombreux et qu'ils avaient besoin de soutiens financiers pour monter le spectacle, ça n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Ils devraient ouvrir un site où toutes les célébrités désirant participer pourraient s'inscrire : celles qui ont vraiment la volonté d'aider, elles n'ont pas besoin qu'on vienne les chercher, elles se proposent d'elles-mêmes. Pour éviter qu'il y ait trop de monde, il suffirait de fermer les inscriptions à partir d'un certain nombre. Peut-être juste garder le noyau dur des Enfoirés mais ainsi les autres varieraient d'une année à l'autre ça pourrait amener une certaine fraicheur. Et surtout ça laisserait à tous ceux qui souhaitent faire une bonne action leur chance de participer.
 
Je souhaiterai conclure en rappelant simplement que, même s'il y a pas mal de choses qui ne vont pas chez les Enfoirés, ils permettent à des milliers de personnes de se nourrir chaque année et ça c'est très important. Et si ce qu'ils font ne vous plait pas, et bien rien ne vous oblige à les regarder. C'est même la meilleure façon de leur faire passer le message : si leur taux d'audience baisse, ils seront bien forcés de se remettre en question !

Tags : Les Enfoires - critique - Polemique

La schizophrénie 12/03/2018

 
La schizophrénie est une forme de psychose, c'est donc un sujet assez complexe. Je vais tenter de simplifier un maximum mais il y a certains termes un peu "techniques" qui seront inévitables. Je vais donc, avant de vraiment entrer dans le vif du sujet, commencer par dresser une petite liste de vocabulaire avec ces termes afin de faciliter votre compréhension.
 
Vocabulaire :


-Névrose : une névrose est une pathologie du comportement et du ressenti sans troubles organiques définis, c'est un trouble mental durable non démontrable car sans lésions. Il n'y a PAS de rupture avec la réalité ni avec l'identité. Le patient est conscient et perçoit son trouble (de façon directe ou indirecte) comme indésirable. Il n'a pas de délires ni d'hallucinations. Elle provoque des altérations au point de vue de la vie affective et émotionnelle, du comportement et du raisonnement. La névrose ne s'attaque pas au fonctionnement général de la personne mais seulement à certains aspects.
 
Donc, si je résume de façon simplifiée : une névrose c'est un trouble mental qui n'a aucune cause biologique ou physiologique (c'est-à-dire que ce n'est pas dû à un problème interne genre blessure à la tête ou au cerveau ou problème d'hormones... Une névrose, on ne pourra jamais l'observer, on pourra juste voir ses conséquences au niveau du comportement de la personne atteinte). Contrairement à la psychose (c'est la principale différence entre les deux), la névrose ne provoque pas une rupture avec la réalité chez les personnes atteintes, ce qui signifie, en gros, que les névrosés ne vont pas avoir d'hallucinations, qu'ils ne vont pas se mettre à entendre des voix, à se prendre pour quelqu'un qu'ils ne sont pas, à avoir un dédoublement de personnalité ou à entrer dans un délire. Et enfin, les personnes qui en sont atteintes sont conscientes et perçoivent leur trouble (de façon directe ou indirecte signifie que soit elles savent qu'elles sont atteintes d'une maladie, soit elles ont consciences que leur comportement est "anormal" mais ne savent pas pourquoi. Par exemple, les phobies sont une forme de névrose, et bien les gens qui en sont atteints savent que leur peur est irrationnelle mais ignorent qu'il s'agit en fait d'une maladie). Les deux exemples de névroses les plus connus sont les phobies et les TOC (troubles obsessionnels compulsifs).
 
-Psychose : le terme psychose désigne une perte de contact avec la réalité, ce qui peut mener à des troubles très importants avec mise en danger du malade et de ceux qui l'entourent. Le psychotique n'est pas toujours conscient de son trouble (il l'est même très rarement). Un exemple assez connu de psychose est justement la schizophrénie.
 
-Délire : un délire est une croyance en une idée erronée, qui s'oppose à la réalité ou à l'évidence. Cette idée s'impose comme une évidence et fait l'objet d'une conviction inébranlable. Une personne atteinte de délire est donc une personne qui croit dur comme fer à une idée fausse, qui va à l'encontre de la réalité, et peu importe qu'on lui apporte toutes les preuves qu'elle se trompe ou qu'on lui démontre que ce qu'elle croit n'est pas rationnel, cette personne n'en démordra pas.
 
-Hallucination : une hallucination est une perception sans objet, elle fait partie des fausses perceptions avec les illusions. Elles peuvent être psychiques (intrusion du monde extérieur dans la tête du sujet) ou psychosensorielles (hallucinations visuelles, auditives...). En gros, on voit/entend/sent quelque chose qui en fait n'existe pas.
 
-Catatonie : la catatonie se traduit par un dérèglement du système moteur c'est-à-dire du système responsable de la motricité involontaire) et de l'humeur. Elle se caractérise par des périodes de passivité et de négativisme qui alternent avec une activité motrice excessive soudaine. Je crois que le plus simple pour expliquer cette définition un peu compliquée, c'est de citer les symptômes de la catatonie :
 
- Mutisme : la personne se retrouve incapable de parler.
- Négativisme : opposition ou absence de réponse aux stimuli extérieurs, à ce qui se passe autour de lui, par exemple, quelqu'un pourrait le frapper ou un objet pourrait tomber en faisant beaucoup de bruit que la personne ne réagirait pas.
- Absence d'activité psychomotrice et d'interaction
- Catalepsie : les muscles de la personne se raidissent la forçant à rester dans la position dans laquelle elle se trouve à ce moment-là.
- Adoption d'une posture spontanée défiant les lois de la gravité
- Grimaces
- Comportements répétitifs
- Obéissance automatique
- Répétition des paroles ou des mouvements de la personne devant soi
- Agitation soudaine sans lien extérieur
-Rigidité corporelle (ce symptôme est le principal et le plus fréquent dans la plupart des crises de catatonie)
 
Symptôme positif : un symptôme positif est un symptôme anormal qui apparait chez une personne. Par exemple, chez un schizophrène, un des symptômes positifs peut être les hallucinations : c'est quelque chose d'anormal, que la personne n'aurait pas si elle n'était pas atteinte de la maladie.
 
Symptôme négatif : un symptôme négatif est le déclin, la détérioration, d'une fonction normale. Par exemple, chez un schizophrène, un des symptômes négatifs peut être une altération de la mémoire : même si elle n'était pas atteinte de la maladie, la personne aurait quand même de la mémoire (comme tout le monde). Ce qui est anormal, c'est qu'elle fonctionne moins bien à cause de la maladie.
 
Angoisse : une angoisse est un état de malaise dont l'origine est un conflit intrapsychique (c'est-à-dire qui se situe à l'intérieur de l'appareil psychique ou, pour le dire de façon très très vulgaire, "qui se passe dans la tête"), elle est ressentie corporellement et l'objet (la cause) de l'angoisse n'est pas identifiable.
 
Étiopathogénie : l'étiopathogénie est l'étude des causes d'une maladie et des processus par lesquels ces causes agissent.
 
La schizophrénie, qu'est-ce que c'est ?


Maintenant que nous en avons fini avec les "préliminaires", nous allons pouvoir aborder le sujet qui nous intéresse. Donc, lorsque l'on dit que quelqu'un est schizophrène, la plupart des gens s'imagine qu'il a plusieurs personnalités, qu'il discute avec lui même comme s'il menait une conversation avec une autre personne,... Moi-même, la première fois que j'ai entendu le terme "schizophrénie", j'étais petit et je regardais avec un ami le "Seigneur des Anneaux : les deux tours", la fameuse scène où la créature Gollum se parle à elle-même au bord d'un lac en s'appelant tour à tour "Gollum" et "Sméagol". Mon ami, sans doute fier de pouvoir m'apprendre un mot que je ne connaissais pas, m'a alors dit "lui c'est vraiment un schizophrène !". Pareil lorsque j'ai regardé le film "Fight Club" (alerte spoiler : ceux qui n'ont jamais vu ce film et qui comptent le voir un jour, je vous conseille très sérieusement de ne pas lire la phrase suivante) : à la fin de l'histoire, lorsque l'on comprend que le héro principal et Tyler Dordon ne font qu'une seule et même personne, j'ai entendu plusieurs personnes s'étonner : "en fait il était schizophrène !"... Et bien toutes ces personnes se trompent : elles confondent la schizophrénie avec un autre trouble mental appelé le "T.D.I." c'est-à-dire "Trouble Dissociatif d'Identité" (plus connu du grand public sous les termes de "double personnalité" et "personnalité multiple"). Car c'est bien le T.D.I.  et pas la schizophrénie qui provoque des dédoublements de personnalité comme chez Gollum et Tyler ou comme dans le film "Split" (mais là c'est assez clairement expliqué). Cette confusion est très répandue mais, honnêtement, je n'ai aucune idée de pourquoi.
 
Bon, maintenant que nous avons vu ce que la schizophrénie n'était pas, nous allons pouvoir nous pencher sur ce qu'elle est. Donc, c'est un trouble mental faisant partie de la catégorie des psychoses délirantes. C'est une maladie grave qui entraine une modification durable et profonde de la personnalité des personnes atteintes (à tel point qu'il est parfois possible de finir par ne plus du tout reconnaitre un proche). Il existe plusieurs types de schizophrénie mais toutes se caractérisent par la manifestation d'une tendance profonde à cesser de construire son monde en communication avec autrui pour se perdre dans une pensée autistique (c'est-à-dire, dans une sorte de chaos imaginaire) et par un processus de désagrégation mentale. Elle se déclenche entre 16 et 30 ans et touche environ 1% de la population mondiale, soit plus de 70 000 000 de personnes à travers le monde...
 
Les symptômes :


Au début, la schizophrénie se manifeste principalement par un sentiment d'étrangeté, de la bizarrerie (les comportements et les propos de la personne atteinte deviennent incompréhensibles), des intérêts étranges ou encore un sentiment de persécution (avoir le sentiment que le monde entier est contre soi, que, dès que quelqu'un te fait du tort, il l'a fait volontairement. De ce fait, les malades atteints par ce symptôme ont tendance a également développer une certaine agressivité qu'ils n'avaient pas forcément à la base, ils vont s'énerver et se mettre en colère pour des broutilles qui, auparavant, les auraient sans doute laissés indifférents).
 
/!\ Attention à ne pas confondre schizophrénie et paranoïa : comme je l'ai dit ci-dessus : certains schizophrènes peuvent développer un sentiment de persécution, c'est-à-dire prendre tout ce qui leur arrive comme volontairement dirigé contre eux. Par exemple : si quelqu'un les bouscule dans la rue sans le vouloir ou si leurs voisins font un peu de bruit parce qu'ils ont des invités, eux penseront que la personne ou leurs voisins l'ont fait exprès afin de leur faire du mal (la raison change selon le malade). Tandis que les personnalités paranoïaques, si on peut bien entendu retrouver un sentiment de persécution chez certains d'entre eux, vont beaucoup plus loin dans l'idée de persécution : ils appréhendent le monde avec méfiance et doute, ils considèrent chaque personne qu'ils croisent comme un danger potentiel et ce même si la personne en question ne leur a causé aucun préjudice, ils imaginent toujours le pire (les cas les plus extrêmes peuvent aller jusqu'à avoir des hallucinations, par exemple : certains peuvent s'imaginer que le gouvernement leur a implanté une puce pour les surveiller...).
 
Les symptômes positifs :


On retrouve deux types de symptômes positifs pour la schizophrénie : les délires et les hallucinations.
 
Au niveau des délires, on retrouve différents thèmes : à nouveau la persécution, l'idée du complot (qu'il soit général pour dominer le monde ou dirigé contre le malade), la négation d'organes (le malade est persuadé qu'il lui manque un organe : qu'il n'a pas de c½ur, pas d'estomac, qu'il lui manque un morceau d'intestin, ...), la mégalomanie (la personne est convaincue qu'elle possède des supers pouvoirs) ou la jalousie. Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : être jaloux ne veut pas dire que vous êtes forcément atteint d'un trouble mental, ici, on parle bien d'une jalousie pathologique, d'une jalousie maladive et parfois totalement fantaisiste.
 
Pour les hallucinations, elles peuvent aussi être de toutes sortes : auditives (le malade entend des voix), intrapsychiques (les voix que le malade entend sont dans sa tête et il a conscience qu'il ne les entend pas avec ses oreilles), visuelles (la personne atteinte voit des choses que nous ne voyons pas), tactiles (le malade ressent des choses qui n'existent pas, il a la sensation que quelque chose bouge sous sa peau ou que quelqu'un l'a touché, ...) et il en existe de nombreux autres.
 
Les symptômes négatifs :


Alors, dans les symptômes négatifs, on retrouve : le repli sur soi, la perte d'initiative, l'indifférence (peu de choses semblent pouvoir atteindre le malade) et l'émoussement affectif (les émotions deviennent presque inexistantes chez la personne atteinte).
 
Le syndrome dissociatif (c'est le syndrome au centre de la schizophrénie) :


Maintenant que j'y pense, c'est sûrement ce syndrome qui est à l'origine de la confusion entre schizophrénie et T.D.I. : le syndrome dissociatif consiste en une perte d'unité de la personne, une idée de coupure interne, en bref, les processus mentaux du schizophrène sont dysharmoniques. Cela ne signifie pas qu'il y a un dédoublement de personnalité, cela signifie que la personne n'est plus cohérente : elle se contredit dans ce qu'elle dit et ce qu'elle fait, elle a des réactions déplacées ou qui ne collent pas avec la situation, ...
 
Note : d'ailleurs le mot "schizophrénie" vient du grec "skhizein" qui signifie "fendre" et "phrénie" qui signifie "le c½ur/l'esprit" ce qui renvoi à l'idée d'une rupture des liens, d'une dissociation de diverses fonctions psychiques et d'une altération majeure de la pensée.
 
Au niveau du comportement, les manifestations de la schizophrénie sont visibles au travers de trois champs :
 
-Le champ de la pensée et du langage : à cause de leur perte d'unité, les personnes atteintes de schizophrénie sont généralement très difficiles à suivre dans leurs discours : tantôt leurs pensées seront très développées et remplies de détails, tantôt elles seront ralenties, floues et très embrouillées. À certains moments ils s'accrocheront à un sujet et persévèreront dedans malgré toutes les tentatives de les en détourner et à d'autres leur discours sera totalement désorganisé, ils passeront sans cesse du coq à l'âne sans la moindre logique. Les schizophrènes souffrent aussi fréquemment de problèmes de langage tels que les "barrages" (la personne s'arrête soudainement de parler sans raison au milieu d'une phrase) et le "fading mental" (la voix de la personne diminue progressivement en intensité). Entre tous ces problèmes et le fait que les malades ont tendance à souffrir de différents délires, on comprend qu'il soit très dur de les comprendre lorsqu'ils parlent et qu'il est très difficile de mener une conversation avec eux.
 
-Le champ émotionnel/ de la vie affective : les malades peuvent être ambivalents (c'est-à-dire que leurs émotions peuvent être contradictoires) et/ou discordants (c'est-à-dire que leurs émotions peuvent ne pas être adaptées au contexte) au niveau de leurs humeurs et émotions. Par exemple, un schizophrène ambivalent peut être en colère et joyeux ou triste et heureux en même temps, et un schizophrène discordant peut avoir des réactions déplacées comme rire sans raison à un enterrement... De plus, il n'est pas rare d'observer chez les personnes atteintes des rires forcés et des angoisses fortes et massives. Il arrive également que la personne soit discordante entre ce qu'elle dit et ce qu'elle montre comme émotion (elle peut annoncer une bonne nouvelle comme si c'était quelque chose de terrible ou, inversement, annoncer le décès d'un proche d'un ton résolument joyeux). Justement, parlons de leurs manifestations affectives (la façon dont ils expriment leurs émotions). La plupart des schizophrènes ont du mal à interpréter leurs émotions, beaucoup sont même incapables de dire ce qu'ils ressentent. Ensuite, les symptômes varient vraiment d'une personne à l'autre : certains seront incapables de trouver un juste milieu pour exprimer leur ressenti, tantôt ils auront des réactions exagérées et totalement disproportionnées par rapport à la situation, tantôt ils sembleront complètement insensibles, avec eux ce sera toujours tout ou rien. Tandis que d'autres seront tout simplement froids et indifférents à tous les stimuli, comme si rien ne pouvait les atteindre, comme s'ils n'étaient plus capables de ressentir quoi que ce soit.
 
-Le comportement et la relation à l'autre : les schizophrènes ont des comportements étranges et bien souvent incompréhensibles pour leur entourage. Ils peuvent avoir des gestes désordonnés, exagérés ou théâtraux, faire des mimiques bizarres et même avoir des crises de catatonie. Certains sont également atteints d'inertie dans leurs gestes, parfois à tel point qu'on a l'impression qu'ils sont morts.
 
Pour en finir avec les symptômes, je souhaiterais rajouter trois choses :
 
La première : évidemment, aucun malade n'est atteint de tous ces symptômes en même temps, il sera seulement atteint par certains d'entre eux et leur intensité variera d'une personne à l'autre.
 
La deuxième : pour être diagnostiqué schizophrène, il faut présenter au moins deux des symptômes cités ci-dessus avec obligatoirement la présence d'hallucinations ou d'idées délirantes durant une période d'au moins 6 mois, sauf si les hallucinations consistent en une voix commentant les moindre faits et gestes de la personne ou si elles consistent en plusieurs voix conversant entre elles. Dans ce cas, un seul autre symptôme suffit.
 
Et enfin la troisième : malheureusement, la plupart des malades souffrent, en plus de la schizophrénie, d'autres maladies mentales telles que dépression et addictions. De ce fait, à cause du plus grand risque de problèmes de santé et du taux de suicides extrêmement élevé, l'espérance de vie des personnes atteintes est de 12 à 15 ans inférieure à celle des personnes "saines".
 
L'étiopathogénie :


En réalité, il serait sans doute plus correct de parler de "facteurs de risque" plutôt que "d'étiopathogénie" car, la schizophrénie n'étant pas une maladie qui s'attrape comme on attraperait un rhume ou une grippe, ses causes exactes sont pratiquement impossibles à déterminer. Les chercheurs sont toutefois parvenus à établir une liste de facteurs qui favoriseraient le développement de la maladie. Vous remarquerez que j'utilise le conditionnel, ça signifie que tout ce que vous allez lire dans ce "chapitre" ne sont que des hypothèses, que, même si certains facteurs sont plus que probablement justes, aucun n'a pu être démontré avec une certitude absolue. Ces facteurs étant multiples et divers, je les répartirai par catégorie afin de faciliter votre lecture.
 
La première catégorie reprend les facteurs issus du milieu social. On en retrouve 2 : l'isolement social et la migration difficile. Je ne pense pas que le premier ait réellement besoin d'explications supplémentaires, du coup, je vais plutôt me concentrer sur le deuxième. Alors, déjà, qu'est-ce que une "migration difficile" ? Et bien, une migration difficile c'est un changement brutal d'environnement pour un individu. Par exemple, c'est quand quelqu'un doit soudainement fuir son pays à cause de la guerre ou du pouvoir en place ou quand quelqu'un doit brutalement déménager à cause d'un incendie ou parce qu'il se fait expulser de force... On peut aussi appeler ça  "migration traumatisante" et le danger au niveau de la schizophrénie est que l'individu se retrouve subitement privé de tous les repères qu'il avait l'habitude d'avoir ce qui met à mal son équilibre psychique.
 
La catégorie suivante est celle du milieu familial, elle compte 4 facteurs : les couples parentaux repliés sur eux-mêmes, une idée de menace nécessitant de se protéger de la relation aux autres, l'emploi de modes de communication paradoxaux et l'emploi d'injonctions contradictoires. À nouveau, il me semble que les deux premiers facteurs sont assez clairs, donc concentrons-nous plutôt sur les deux facteurs suivants. Deux facteurs qui, d'ailleurs, vont ensembles : l'emploi de modes de communication paradoxaux consiste à utiliser un mode de communication qui fait en sorte que la personne ne comprenne pas les attentes de son interlocuteur et, donc, ne sache pas quelles réponses y apporter, et l'emploi d'injonctions contradictoires c'est, en gros, donner des injonctions à l'individu de telle sorte qu'il ne puisse en satisfaire une sans contrarier l'autre... Je sais que ce n'est pas très clair donc voici un exemple : une maman achète à sa fille deux robes : une rouge et une bleue. Pour son anniversaire, la fille met la robe bleue et sa maman réagit en lui disant que, si elle a mis la bleue, c'est parce qu'elle n'aime pas la rouge. Et bien, là, on est en plein dedans : peu importe la robe que la petite fille aurait choisie de mettre, elle n'aurait jamais pu contenter sa maman. Ce genre de situation crée la confusion dans la tête de la personne et favorise la "désharmonisation" des processus mentaux.
 
Nous allons maintenant nous intéresser à la psychodynamique. Alors, attention attention : c'est ici que ça devient plus technique et un peu plus compliqué... Je vais tenter d'être le plus clair possible en utilisant des exemples et en simplifiant au maximum mais il faudra tout de même rester concentré en lisant. Donc, on retrouve deux facteurs liés à la psychodynamique : la fragilité identitaire et la valeur fonctionnelle du délire.
 
Faisons les choses dans l'ordre : parlons de la fragilité identitaire. Il s'agit d'un problème dans le processus d'individualisation de la personne, c'est-à-dire dans le processus qui fait qu'elle se reconnait comme une entité individuelle, unique, différente des personnes qui l'entourent. En bref, l'individu ne parvient pas à se représenter comme unique, comme différent de l'autre et il angoisse en permanence à l'idée d'être envahi par lui.  Avant de tenter d'être plus clair et de vous donner des exemples, je vais parler du second facteur, la valeur fonctionnelle du délire, car les deux sont liés. Ici, il s'agit du fait que, pour lutter contre cette angoisse qu'elle ressent, la personne va s'automutiler psychiquement. La douleur de se vivre comme être humain, la difficulté de se représenter l'autre, à l'investir paisiblement et avoir confiance en lui et en sa stabilité, conduit la personne à détruire les représentations psychiques qu'elle a d'elle et de l'autre.
 
Bon, pour vous aidez à bien comprendre tout ça, je vais tenter une explication un peu plus imagée : en gros, imaginez que nous, dans nos têtes, nous nous représentons comme une sorte de liquide contenant tout ce que nous sommes et enfermé dans une bulle protectrice étanche. Cette bulle a deux fonctions : la première c'est de nous permettre de faire la différence entre ce qui vient de nous, soit tout ce qui se trouve à l'intérieur de la bulle, et tout ce qui vient des autres et du monde extérieur, soit tout ce qui vient de l'extérieur de la bulle. La seconde est de nous protéger des autres, de les empêcher de se mélanger avec nous lorsque nous échangeons avec eux. Les personnes qui sont sous le coup de ces facteurs s'imaginent que leur bulle n'est pas/plus étanche et que donc rien ne peut empêcher les autres de les envahir et de se mélanger avec eux, avec ce qu'ils sont. De plus, ils sont incapables de faire la différence entre ce qui vient d'eux et ce qui vient des autres. Ce facteur peut expliquer certaines des voix que les schizophrènes peuvent entendre : ce sont en fait des voix qui viennent d'eux (un peu comme quand on se parle mentalement à soi-même ou quand on se fait des réflexions mentales) mais qu'ils identifient par erreur comme provenant de l'extérieur, comme étant étrangères. Du coup, ils ont l'impression qu'une voix sort de nulle part pour leur parler.
 
Catégorie suivante : les facteurs biochimiques. Pour être tout à fait honnête avec vous, il s'agit de la catégorie que je maitrise le moins bien... Je vais donc simplement me contenter de citer le seul facteur qu'elle contient sans plus m'attarder dessus afin d'éviter de dire une connerie et de vous induire en erreur. Les chercheurs ont réussi à trouver un lien entre le taux de dopamine (c'est une "substance" que l'on trouve dans notre cerveau) d'une personne et le développement de la schizophrénie.
 
La prochaine catégorie est quelque chose qui revient souvent dans les maladies mentales, il s'agit de l'abus de substances telles que l'alcool et certaines drogues.
 
Et enfin, la dernière catégorie : les facteurs génétiques. Certains chercheurs ont émis l'hypothèse que quelqu'un qui a une personne atteinte de schizophrénie dans sa famille ou qui vit avec une personne souffrant de cette pathologie serait plus vulnérable à la maladie.
 
Quelques notes personnelles :


Pour commencer ce dernier "chapitre" qui conclura notre article sur la schizophrénie, je vais rappeler, une fois encore, qu'il faut bien faire la différence entre "schizophrénie" et "T.D.I.", ce ne sont pas les mêmes maladies. Et enfin, avant de nous quitter, je souhaiterai préciser 2-3 petits trucs qui me semblent importants :
 
Premièrement, les listes des symptômes et des facteurs de risque que j'ai établies ne sont, bien entendu, pas exhaustives. Il est tout à fait possible que, dans les années à venir, certains soient retirés et d'autres ajoutés. Il est également possible que, parce qu'ils sont extrêmement rares ou parce qu'ils sont négligeables, je n'aie pas repris tous ceux qui existent.
 
Deuxièmement, la plupart des exemples que j'ai utilisés pour illustrer mes propos sont tirés de cas extrêmes voir, parfois, un peu caricaturaux afin que le plus possible d'entre vous comprennent l'idée. Fort heureusement, la maladie n'a pas une telle intensité chez tous les schizophrènes.
 
Et enfin troisièmement, si par malheur vous reconnaissez quelqu'un de votre entourage en lisant cet article (ou un autre sur internet), surtout, ne tentez pas d'agir par vous-même. Même si vous n'êtes pas sûr de vous, que vous avez un doute,  demandez conseils auprès d'une personne qualifiée. Les psychoses sont des maladies plutôt lourdes et délicates à soigner... ça signifie que, même en croyant bien faire, vous aurez plus de chances d'aggraver les choses que de les améliorer. Même aller dire à la personne que vous la soupçonnez d'être schizophrène ne doit se faire que sur l'avis d'un professionnel : en effet, si cela peut lui permettre de comprendre ce qu'il lui arrive et peut-être lui apporter un certain soutien social, cela peut aussi engendrer un risque que la personne se rejette elle-même, qu'elle perde confiance en elle et que son estime de soi baisse. Cela peut aussi tout simplement engendrer de la honte... ça peut ne pas sembler si grave que ça mais, si je vous rappelle que les schizophrènes ont une espérance de vie moins élevée que la moyenne notamment à cause du fort taux de suicide parmi eux, ça prend tout de suite une autre dimension... Il convient donc d'agir prudemment. Je le répète : il vaut mieux prendre contact avec un spécialiste même si on n'est pas certain qu'il y ait vraiment quelque chose que de tenter d'agir par soi-même au risque d'aggraver la situation.
 
 
 
Nous voici donc au bout de la schizophrénie :p J'espère que cet article vous a plu :) J'ai essayé d'être le plus clair possible en utilisant beaucoup d'exemples mais la schizophrénie (et les maladies mentales en général d'ailleurs) est vraiment un sujet très compliqué donc, surtout, si vous avez la moindre question, n'hésitez vraiment pas à me la poser :) Sur ce, je vous laisse et on se retrouve dans le prochain article ! :p D'ici là portez-vous bien :p

Tags : Psychologie - Schizophrènie - schizophrène - psychose schizophrenique - Maladie mentale.

Quizz : l'enseignement 17/01/2018

 
 
Questions :
 
 
1) Vrai/faux : des études ont démontré qu'un enfant né en avril a de moins grandes chances d'être un jour en échec scolaire qu'un enfant né en octobre.
 
2) Vrai/faux : lorsqu'un élève tombe en échec, il lui sera très difficile de sortir de l'échec d'une année à l'autre parce que le prof aura tendance à le coter plus durement et ce même s'il ne le connait pas.
 
3) Vrai/faux : dans les pays du nord de l'Europe (Finlande, Norvège, ...) les élèves ne peuvent pas redoubler durant leurs 10 premières années d'école.
 
4) Vrai/faux : les enseignants du secondaire ont tendance à avoir une vision plus positive du redoublement que les enseignants de la primaire.
 
5) Vrai/faux : avant 1960, on parlait de "débilité légère" pour désigner tous les élèves qui étaient en échec scolaire.
 
6) Vrai/faux : les enseignants ont tendance à coter les garçons plus sévèrement que les filles quand leur copie est mauvaise mais à les coter plus généreusement que les filles quand leur copie est bonne.
 
7) Vrai/faux : le sexe de la personne qui corrige n'influence pas la façon de coter de celle-ci.
 
8) Vrai/faux : lorsque l'on demande aux profs d'analyser la difficulté des interros de première secondaire, beaucoup admettent que les questions qui y sont posées sont parfois beaucoup trop faciles.
 
9) Vrai/faux :l'une des raisons pour lesquelles il y a chaque années au moins un redoublant dans chaque classe dans le secondaire est parfois que le prof pense qu'on le trouverait trop "relaxe", trop coulant s'il faisait passer tout le monde.
 
10) Vrai/faux : les enseignants ont tous tendance à interroger les élèves sur des notions qu'ils ont apprises les années précédentes plutôt que sur celles apprises cette année.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                                                                                                                                                    
 
Réponses

1) Vrai/faux : des études ont démontré qu'un enfant né en avril a de moins grandes chances d'être un jour en échec scolaire qu'un enfant né en octobre.
 
Aussi incroyable que cela puisse paraitre, c'est vrai : de nombreuses études et de nombreux graphiques ont été réalisés sur le sujet : pour chaque mois, on mesurait le taux d'échec des élèves nés durant ce mois. Les faits sont là : plus on s'éloigne du mois de janvier, plus le taux d'échecs augmente. A partir de là, les chercheurs en ont conclu que, sans doute suite à des questions de maturation et de développement, plus un élève est né tard dans l'année, plus ses chances d'être un jour en échec scolaire ont tendance à augmenter. Mais, ce qui, pour moi, est le plus dingue, c'est le fait que cette étude a été réalisée pour la première fois en 1997 et a ensuite été refaite à plusieurs reprises au fil des années sans que l'on observe le moindre changement... Cela signifie que cela fait aujourd'hui (janvier 2018) un peu plus de 20 ans que les autorités compétentes connaissent ce phénomène mais s'en foutent complètement, ne font rien pour tenter de le contrer.
 

 
Notes : /!\ cela ne signifie pas qu'un élève né en décembre aura forcément de moins bons résultats qu'un élève né en janvier. Cela signifie juste qu'il y a plus d'élèves nés au mois de décembre qui sont en échec que d'élèves nés au mois de janvier.
 
2) Vrai/faux : lorsqu'un élève tombe en échec, il lui sera très difficile de sortir de l'échec d'une année à l'autre parce que le prof aura tendance à le coter plus durement et ce même s'il ne le connait pas.


C'est malheureusement vrai : c'est ce qu'on appelle "l'effet de stéréotypie". Sans s'en rendre compte, le prof va avoir tendance à calquer sa note sur celle de son prédécesseur. Il va également avoir tendance à coter l'élève plus durement parce que, pour lui, ce n'est pas quelque chose de très étonnant de voir cet élève en échec dans son cours puisqu'il était déjà en échec l'an passé. Le prof va donc, toujours inconsciemment, avoir tendance à coter plus lourdement et à moins aller chercher des points que si l'élève est un élève qui a habituellement des bons points. Concrètement cela signifie que si un élève qui était en échec en math l'année précédente et un élève qui avait des bons points en math l'année passée font la même faute au même endroit sur leur interro, le prof de math va avoir tendance à plus essayer de sauver l'élève qui a habituellement des bons points puisque ben justement d'habitude il a des bons points et donc c'est étrange de le voir en échec que l'élève qui a habituellement des mauvais points puisque ça ne l'étonne pas qu'il soit en échec...
 
Attention cependant ! En voyant ceci, on a très envie de rejeter toute la responsabilité sur les profs qui sont injustes et qui maintiennent leurs élèves en échec... Mais ce serait une erreur. L'effet de stéréotypie est un effet inconscient c'est-à-dire que, d'une part, les profs ne sont absolument pas conscients qu'ils sont sous l'influence de cet effet, et, d'autre part, parce que cet effet touche tout le monde, tout le monde à leur place serait également influencé par cet effet. Le reprocher aux enseignants reviendrait à leur reprocher d'être des êtres humains. Le problème ne vient pas d'eux mais du système éducatif qui n'est pas prévu pour prendre en compte cet effet.
 
3) Vrai/faux : dans les pays du nord de l'Europe (Finlande, Norvège, ...) les élèves ne peuvent pas redoubler durant leurs 10 premières années d'école.
 
C'est encore une fois vrai : dans ces pays, les étudiants reçoivent le même enseignement général durant leurs 9 ou 10 premières années d'étude (ça dépend des pays) et ils bénéficient de ce qu'on appelle la "promotion automatique", c'est-à-dire que, durant ces 9 à 10 années, ils ne peuvent pas doubler : en fin d'année, ils passent automatiquement dans la classe supérieure. C'est également valable pour le passage de la primaire à la secondaire (d'ailleurs, dans la plupart de ces pays, les élèves ne changent pas d'établissement entre la primaire et la secondaire).
 
4) Vrai/faux : les enseignants du secondaire ont tendance à avoir une vision plus positive du redoublement que les enseignants de la primaire.
 
C'est faux : étonnamment (en tout cas, moi, ça m'a étonné), c'est l'inverse : les instituteurs de primaire ont tendance à penser que les causes du redoublement n'ont rien avoir avec leur enseignement et que le système est bien fait, que le redoublement est quelque chose d'inévitable et ce même s'ils changeaient leur manière d'enseigner et enfin que le redoublement n'a aucune influence sur la confiance en sois des élèves. Quant aux profs de secondaire, s'ils rejoignent ceux de primaire en étant pour la plupart convaincus que les causes du redoublement sont extra-scolaires, ils ont tendance à penser tout l'inverse : pour eux le redoublement peut-être évité si on s'y prend de façon adéquate, surtout en primaire et que le redoublement à une influence sur la confiance en sois des élèves.

 
5) Vrai/faux : avant 1960, on parlait de "débilité légère" pour désigner tous les élèves qui étaient en échec scolaire.


C'est faux : avant 1960, on parlait effectivement de "débilité légère" mais uniquement quand c'était des élèves issus de familles plus modestes qui étaient en échec. Dans le cas des élèves issus de bonnes familles, on parlait tout simplement d'échec scolaire. C'est assez honteux mais c'est ainsi.
 
6) Vrai/faux : les enseignants ont tendance à coter les garçons plus sévèrement que les filles quand leur copie est mauvaise mais à les coter plus généreusement que les filles quand leur copie est bonne.
 
C'est la vérité : les garçons seront cotés plus sévèrement que les filles lorsqu'ils rendent une mauvaise interro, mais, auront tendance à être cotés plus généreusement que ces dernières lorsqu'ils présentent une bonne interro. Cependant, cela n'est vrai que dans les matières où, d'après la croyance populaire, les garçons sont censés être plus forts.
 
7) Vrai/faux : le sexe de la personne qui corrige n'influence pas la façon de coter de celle-ci.
 
Et bien ceci était une question bonus : on peut considérer que c'est vrai comme on peut considérer que c'est faux. Je m'explique : d'un point de vue purement technique, les profs des deux sexes ont tendance à se montrer plus sévères pour leur propre sexe donc, en sois, c'est vrai, mais cet effet est tellement infime que les différences que cela crée ne sont pas significatives donc on peut également considérer que c'est faux.
 
8) Vrai/faux : lorsque l'on demande aux profs d'analyser la difficulté des interros de première secondaire, beaucoup admettent que les questions qui y sont posées sont parfois beaucoup trop faciles.
 
C'est faux, c'est l'inverse : les profs admettent que les questions posées dans les interros de premières secondaires sont parfois trop difficiles.
 
9) Vrai/faux :l'une des raisons pour lesquelles il y a chaque années au moins un redoublant dans chaque classe dans le secondaire est parfois que le prof pense qu'on le trouverait trop "relaxe", trop coulant s'il faisait passer tout le monde.
 
C'est vrai : certains profs ont peur que, s'ils font passer toute leur classe à l'année supérieure, ont les trouve laxistes, trop coulants, pas assez sévères.
 
10) Vrai/faux : les enseignants ont tous tendance à interroger les élèves sur des notions qu'ils ont apprises les années précédentes plutôt que sur celles apprises cette année.
 
Et enfin, c'est faux, c'est à nouveau l'inverse : les profs ont tous tendance à, sans le vouloir, interroger leurs élèves sur des notions des années supérieures.
 
 
Et voilà voilà pour ce quizz, j'ai eu particulièrement du mal à clairement m'expliquer dans les réponses à ces questions (vous l'aurez sans doute remarqué). Donc surtout si vous ne comprenez pas quelque chose ou que quelque chose n'est pas suffisamment clair, n'hésitez surtout pas à me le dire !

Tags : quizz - Vrai Ou Faux ? - Enseignement - Psychologie